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DAZED : L'interview (la traduction)

DAZED : L'interview (la traduction)

« Est-ce la mystérieuse Lana Del Rey ? » - Alors qu'elle va bientôt sortir son 5ème album, la reine de la pop rêveuse discute à Los Angeles avec la rebelle grunge Courtney Love.

La voix gracieuse de Courtney Love est unique et se mélange avec la voix chantante de Lana Del Rey : "Est-ce la seule et l'unique Courtney Love ?"

Ca fait longtemps que j'ai entendu du Lana Del Rey. Elle chante l'amour dans sa maison en Californie quelques semaines après la sortie de "Love", une chanson à l'ambiance explosive qui est d'ailleurs le premier single de son prochain album : Lust For Life. Son dernier album, Honeymoon, a été publié il y a un an et demi, et ce fut une période qui semblait éternelle. Comme une sorte d'anti-hymne, "Love" dénonce les temps turbulents, incitant la sympathie au lieu de la lutte. Des lignes comme "le monde est votre et vous ne pouvez pas le refuser", accompagné d'un choeur qui proclame : "vous êtes prêts pour aller nul part en particulier." La vidéo montre un groupe d'adolescents, la technologie en main et l'espace vintage en arrière-plan.

C'est un message qui pourrait facilement être confondu avec du nihilisme. Un mois plus tôt, pourtant, elle poste une expression de Nina Simone sur son compte Instagram : "Le travail d'un artiste, je comprends, c'est de travailler tout le temps."

C'est peut-être ce que Lana Del Rey fait de mieux. Lust For Life pourrait bien être un prochain chapitre d'une longue enquête sur les jeunes déjà effectuée plusieurs fois en commençant avec le clip qui a lancé sa carrière, "Video Games". Ce clip mélange des vidéos home made de Lana et d'autres trouvées sur le net, des images des tapis rouges des années 1950 et Paz de la Huerta chutant devant les paparazzi. Alors que Lana Del Rey dit le contraire, elle se perd souvent dans ses rêves, obsédée par le passé, sa musique est une réflexion poignante sur une génération qui continue de résister aux attentes. C'est également un sujet sur le féminisme en général. Si elle-même se dit féministe, elle semble se poser des questions, imbibée d'anachronisme.

Lana Del Rey et Courtney Love écrivent sur des institutions irrésistibles - Hollywood, l'acceptation générale et les hommes puissants. La touche déchirante de chaque récit, c'est que les chanteurs seront toujours en dehors des cercles qu'ils disent désirant. Alors que Love jouait habilement l'outsider non filtré en tant que femme de tête avec Hole dans les années 90, à l'époque des notes de bas de page infinies, Del Rey a pris le rôle de désintéressement inconscient, plus enclin à une moue qu'un cri.

20 ans d'écart, pourtant les similitudes entre les deux femmes (qui ont joué huit shows en 2015 pour la tournée The Endless Summer de Del Rey) sont irréfutables. Comme si Love était devenu majeur quand Del Rey l'a fait, comme quand tout ce que Lana a fait est documenté sur Wikipedia en quelques instants ? Ou comme quand Del Rey s'est fait connaître dans un moment où elle devait faire une critique de musique, même comme si elle était la femme d'une énorme star de rock ? L'une ressemblerait-elle beaucoup plus à l'autre ? Quoi qu'il en soit, chacune est devenue une figure tragique de Cristalliseuse dans son monde interprété, en pivotant entre l'héroïne de culte éloigné et la pop star révérée.

"Les gens me demandent ce que j'aime dans ta musique", dit Del Rey à Love, "Je sais juste que c'est le genre de musique que j'écoute tout le temps : quand je conduis ou quand je suis seule ou quand je suis avec des amis".

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Lana Del Rey : Alors, nous pourrions simplement parler de tout et n'importe quoi... Comme ces palmiers qui brûlent dans ta vidéo 'Malibu'. Je ne pensais pas qu'ils étaient réels !

Courtney Love : Tu veux retourner au temps où le Rock'n'roll avait un budget, tu veux dire ? Oh mon Dieu, Lana, mettre des palmiers en feu était tellement amusant. Tu pensais qu'ils étaient faux ?

LDR : Ouais.

CL : Dieu, tu es si jeune. J'ai brûlé des palmiers. Dans mon temps, tu devais marcher dans la neige pour aller à l'école. Alors, depuis que j'ai tourné avec toi, je suis devenue obsédée, je t'ai suivie, et je suis devenue - ne pense pas que je mettrai des couronnes de fleurs, Lana, ne te fais pas d'idées - mais j'adore vraiment ça. J'aime ça autant que j'aime PJ Harvey.

LDR : C'est incroyable parce que, peut-être que ça a déjà été dit, mais j'aime tout ce que tu fais, tout ce que tu as fait. Je ne peux pas croire que tu aies accepté de faire la tournée avec moi.

CL : J'ai vu que tu passais beaucoup de temps à mixer et masteriser... C'est vrai pour ce nouvel album ?

LDR : Oh mon Dieu, ouais, ça me tue. C'est parce que j'ai passé tellement de temps avec les ingénieurs qui travaillent sur la reverb. Parce que je n'aime pas les productions "clean". Si je veux un peu de cette sensation rétro, comme un écho de printemps ou cette touche à la Elvis, parfois quand tu l'envoies à un mixeur étranger, il pourrait essayer de clarifier un peu les choses et de mettre ta voix très haute sur les mix et ça sonne vraiment pop. Et Born To Die a eu cet effet, mais en général, j'ai une aversion sur les productions "clean" - mais tu dois choisir. Et certaines personnes me disent "ce n'est pas facile de la passer à la radio si elle n'est pas clean de A à Z". Mais tu le sais ça. Ceux qui ont mixé vos productions sont des génies. Qui l'a fait ? 

"J'ai une aversion sur les productions "clean" - mais tu dois choisir. Et certaines personnes me disent "ce n'est pas facile de la passer à la radio si elle n'est pas clean de A à Z"" - Lana Del Rey

CL : Chris Lord-Alge et Tom Lord-Alge. Kurt était vraiment pointilleux sur le mastering. Il s'asseyait à chaque session sur un siège comme un démon. Moi je n'ai jamais fait attention au mastering parce que c'est tellement casse-bonbons.

LDR : C'est casse-c*uilles. 

CL : Je pense que ma préférée, vraiment ma favorite de tes chansons - tu n'aimeras pas ça parce que c'est une de tes premières - c'est Blue Jeans. Je veux dire "toi aussi frais que la mort et malsain comme le cancer". Qui l'a produite ?

LDR : Je dois cette chanson à Emile Haynie. Je me souviens que Blue Jeans était plus comme une ballade de Chris Isaak. Puis je l'ai travaillé avec lui et elle en est sortie comme on l'entend aujourd'hui. J'étais comme "c'est le pouvoir de production supplémentaire". La chanson passait à la radio anglaise, Radio 1, et je me rappelle avoir pensé "Merde, ça commençait comme une production d'un riff classique que m'a créée mon ami compositeur, Dan Hearth". C'était 6 accords sur lesquels j'avais commencé à chanter.

CL : Tu as ses paroles (dans la chanson), "Tu étais du genre punk rock, j'ai grandi dans le hip-hop". As-tu vraiment grandi dans le hip-hop ?

LDR : Je n'ai trouvé aucune bonne musique jusqu'à ce que je quitte le lycée, et je pense que c'est simplement parce que, venant du Nord, nous avons de la country, nous avons NPR, nous avons MTV.

DAZED : L'interview (la traduction)

CL : Ce que j'entends dans ta musique, c'est que tu as créé ton propre monde, tu as créé une personnalité et que tu as crée ces énigmes que je n'ai jamais créées. Mais si je pouvais revenir en arrière, je le ferais.

LDR : Es-tu sérieuse là ? Je ne sais même pas si ton héritage pourrait être meilleur maintenant. Tu es l'une des seules personnes que je connaisse avec un tel héritage qui les précède. Juste le nom "Courtney Love" est... Tu es grande chérie... Tu es comme Hollywood (rires). Tournée avec Courtney Love (était), comme, un diamant d'Elizabeth Taylor (pour moi).

CL : Tu sais, j'ai rencontré Elizabeth Taylor. J'étais avec Carrie Fisher à sa fête (organisée par Taylor) de Pâques, elle a d'ailleurs mis 6 heures à arriver.

LDR : J'aime ça.

CL : J'ai regardé Carrie et j'ai dit "elle n'en vaut pas la peine", et Carrie a dit "oh si elle en vaut". Donc, nous sommes montés à l'étage et, Lana, quand tu passes devant le portrait d'Elizabeth fait par Warhol, tu as la chair de poule. Et puis tu vois sa chambre, pleine de lavande, comme ses yeux. Elle était dans la salle de bain en train de se faire coiffer par ce type nommé José Eber qui portait un chapeau de cow-boy avec des longs cheveux, et j'étais comme "qu'est-ce que je fous ici ? Je ne suis pas de royauté Hollywoodienne". Et ses premiers mots étaient comme "Merde Carrie, comment fais-tu ?". Elle était si salée, mais une déesse en même temps.

LDR : Elle était si salée. Rien que le fait qu'elle ait épousé Richard Burton deux fois, et toutes les histoires qu'on a entendu sur elle, les folies, les bagarres en public, elle était juste pour ça. Pour les problèmes.

Ce que j'entends dans ta musique, c'est que tu as créé ton propre monde, tu as créé une personnalité et que tu as créé ces énigmes que je n'ai jamais créées - Courtney Love à Lana Del Rey

CL : Tu sais quoi ma chérie ? J'ai commencé très tôt. J'ai commencé à traquer Andy Warhol avant même d'y penser. Et tu as fais pareille, d'après-moi. Ce "je veux faire ça". Et il n'y a rien de mal à ça.

LDR : Non, c'est vrai. Il n'y a rien de mal quand tu le fais pour de bonnes raisons. Si la musique est vraiment dans ton sang et que tu ne veux pas faire autre chose, tu ne te soucies pas de l'argent, jusqu'à plus tard. Ca dépend aussi de l'ambiance, il ne faut pas être un cliché. Et des gens. Je pense que nous avions ça en commun. On voulait aller aux spectacles, avoir nos propres spectacles - vivre, respirer, manger, tout ça.

CL : Puis-je te questionner sur le temps que tu as passé au New-Jersey ? Est-ce que tu te cherchais ?

LDR : Oh, je ne sais même si j'aurai vraiment dû dire à quelqu'un que je vivais dans une caravane au New-Jersey, mais, stupidement, j'ai fait cette interview dans ma caravane en 2008. 

CL : J'ai vu ça !

LDR : C'est cru, c'est cru (rires).

CL : Tu es si mignonne, cependant.

LDR : Je pensais être Rockabilly. J'étais platine. Je pensais le faire à ma manière.

CL : Je le comprends complètement.

LDR : La seule chose que je regrette, c'est de ne pas avoir été à Los Angeles au lieu de New-York. Je chantais depuis peut-être 4 ans, j'enregistrais seulement, et j'ai obtenu un contrat avec ce label indie, 5 points records en 2007. Ils m'ont donné 10 000$ et j'ai trouvé cette caravane dans le New-Jersey près d'Hudson - Bergen Light Rail. Alors, je suis allé là-bas, j'ai terminé l'école et j'ai fait ce disque, Lana Del Ray A.K.A Lizzy Grant, qui a été suspendu pendant 2 ans et demi, puis en ligne pour 3 mois. Mais j'étais fière de moi-même. Je me sentais avoir réussi, à ma manière. J'avais ma propre pensée et c'était un peu kitsch et je savais que ça allait influencer ce que j'allais faire ensuite. C'était définitivement une phase (rires). 

CL : Mais tu as des enregistrements où tu dis être un "bébé de Brooklyn". Tu peux écrire à New-York avec une compétence que je n'ai pas. J'ai essayé d'écrire une chanson sur une fille tragique à New-York, en me promenant dans Bleecker Street - cette fille ne pouvait pas aller à Bleecker Street, donc ça n'avait aucun sens, non ? (rires) J'ai fait mon temps là-bas, mais je me posais des questions. Je ne pouvais pas partir seule, il me fallait un groupe.

LDR : Je voulais tellement un groupe. Je pense que je n'aurai pas eu cette peur de la scène quand j'ai commencé les grands shows si j'avais eu un groupe, nous aurions été ensemble-ensemble. J'aurai vraiment aimé avoir cette camaraderie. Je ne l'avais pas trouvé jusqu'à il y a quelques années, je dirais. J'ai été avec mon groupe pendant 6 ans et ils étaient géniaux, mais je voulais certaines personnes. J'ai fantasmé sur Laurel Canyon. 

DAZED : L'interview (la traduction)

CL : Je voulais cette camaraderie. Les groupes alternatifs de mon quartier étaient les Peppers (Red Hot Chili) et Jane's (Addiction). Je connaissais Perry (Farrell, le leader de Jane's Addiction) et je suis allée au lycée, comme si ça avait duré 10 secondes, avec deux mecs des Red Hot Chili Peppers et un mec nommé à l'époque Romeo Blue qui est devenu Lenny Kravitz. Je souviens aussi avoir été une extra dans une vidéo des Ramones, mais ça s'est arrêté quand il a rencontré Lisa Bonet du Cosby Show, c'était un vrai problème.

LDR : Ouais ? On n'a jamais vraiment vu ça à New-York. Quand j'y suis arrivé, The Strokes a eu son temps, mais c'était plutôt sympa. LA a toujours été l'épicentre de la musique, je le sens.

CL : LA, c'est plus simple. Les gens ont des garages. Et, quand tu vas sur la côte, à Washington et Oregon, les gens ont des grosses maisons et des grands garages, et les gens ont des parents. Je n'avais pas de parente alors que toi... Eh bien tu en avais, mais tu étais seule.

LDR : Ouais. Tu sais que ta chanson Awful qui dit : "(Tais-toi juste), tu as seulement 16 ans", eh bien il y a deux types de personnes qui l'interprètent différemment. Il y a des gens qui ont compris : "Qu'est-ce que t'y connais ? Tu n'es qu'un enfant !", et d'autres pensent "vas-y, poursuis tes rêves" (rires). Et je pense que quand tu n'as pas ça, tu deviens coincé à un certain âge. Par exemple, au cours des dernières années, j'ai l'impression d'avoir grandi. Peut-être que j'ai eu le temps de penser à tout, de tout analyser. J'ai commencé à aller de l'avant et de penser à maintenant, en chantant des chansons que j'ai écrites il y a 10 ans. Ca semble différent. J'étais pleine de sentiment sur scène jusqu'à maintenant. C'est étrange pour moi d'écouter mes chansons. Aujourd'hui, j'ai regardé certaines de tes anciennes vidéos et quelques vidéos de toi faisant un grand festival. Le public n'était que des filles - des rangs remplit de jeunes filles. Je me suis rappelé à quel point on influence les adolescents. Et - pour revenir à la renommée et à l'héritage, tu sais, les filles qui ont grandi et celles qui ont toujours 16 ans, elles se reportent à toi de la même façon qu'elles l'ont fait quand tu as commencé. Et c'est le pouvoir de notre métier. Tu es l'une de mes écrivaines préférées.

"Au cours des dernières années, j'ai l'impression d'avoir grandi. Peut-être que j'ai eu le temps de penser à tout, de tout analyser. J'ai commencé à aller de l'avant et de penser à maintenant, en chantant des chansons que j'ai écrites il y a 10 ans. Ca semble différent. J'étais pleine de sentiment sur scène jusqu'à maintenant. C'est étrange pour moi d'écouter mes chansons" - Lana Del Rey​​​​

CL : Tu es l'une des miennes également, alors, pop-corn ! (rires)

LDR : Ce que tu as fait c'est l'épithète du cool. Et tu as beaucoup de musiques différentes, mais les jeunes savent toujours quand quelque chose vient authentiquement du coeur de quelqu'un. Ce n'est pas forcément la chanson qui se vend le plus, mais quand les gens l'entendent, ils le savent. Es-tu fan de John Lennon ?

CL : Quand j'ai entendu Working Class Hero, c'est une chanson que j'ai tellement vénérée. Je n'en ferai jamais une reprise. Je veux dire, Marianne Faithfull l'a bien reprise, mais je ne la reprendrai jamais car Marianne a fait un beau travail et c'est tout ce qu'il y a à dire.

LDR : C'est ce que j'ai ressenti quand j'ai repris Chelsea Hotel No 2 de Leonard Cohen, mais quand j'ai fait des shows, j'avais du mal à la reprendre.

CL : Je n'ai pas ta tessiture. J'ai essayé de reprendre Brooklyn Baby, Dark Paradise et la nouvelle Love. Tu vas haut bébé.

DAZED : L'interview (la traduction)

LDR : J'ai des graves pour toi. Tu sais laquelle serait bien ? Ride. Je ne la chante pas dans la bonne octave en live parce qu'elle est trop grave pour moi. Mais j'ai pensé à faire quelque chose avec toi. Après la tournée The Endless Summer Tour, nous pensions que nous devrions au moins écrire, ou peut-être faire tout et peut-être que tu aurais pu venir voir et me dire ce que tu en penses.

CL : Lorsque nous étions en tournée, nos conversations d'avant-show étaient très productifs pour moi.

LDR : Moi aussi. C'était vraiment une bénédiction pour moi. Je voulais juste rester à chaque instant et je me souviens de tout, car c'était tellement incroyable.

CL : Egalement. C'était vraiment marrant dans ta chambre. Ma partie préférée c'était à Portland, toi portant les vinyles que je t'avais données. (rires)

LDR : Lorsque tu es partie, je passais la main sur tous les vinyles comme des petites gemmes, j'étais genre "je ne peux pas croire que Courtney m'ait donné toutes ces chansons, c'est tellement génial". Et nous étions aussi à Portland, c'était surréaliste.

CL : Ouais, je n'aime pas beaucoup y aller mais j'y suis allé avec toi. On a également ça en commun : on s'est toutes les deux enfuit un jour en Grande-Bretagne. Si je pouvais vivre n'importe où, ce serait à Londres.

LDR : Si je pouvais vivre n'importe où dans le monde appart LA, j'habiterais à Londres aussi. Au fond de moi, j'ai toujours eu l'impression que je pourrais peut-être finir là-bas.

CL : Je sais que je vais finir là-bas. Je sais dans quel quartier je vais finir, et je sais que je veux être à Thames. Je me suis inscrite au journal Country Life qui est juste de la pornographie immobilière et de la chasse au renard. C'est incroyable. Ok, si tu ne faisais pas ce que tu fais, tu ferais quoi ?

"Je me suis inscrite au journal Country Life qui est juste de la pornographie immobilière et de la chasse au renard. C'est incroyable" - Courtney Love

LDR : As-tu une réponse claire pour ça, pour toi-même ?

CL : Ouais, je travaillerais avec des adolescentes. Les filles qui sont en foyer.

LDR : C'est ce que tu as déjà fait partout. Je suis égoïste. Je ferai quelque chose pour être sur la plage. Je serai, comme, un mauvais sauveteur. (Rires) Cependant, je viendrai t'aider le week-end.

CL : Tu aimerais mieux être à Malibu plutôt qu'en ville ?

LDR : J'aime cette idée. Les gens ne vont pas toujours à Malibu. Donc on est souvent seul, ce qui est comme, hmm. Je n'aime pas Silver Lake mais j'adore tout ce qui se déroule là-bas. Je pense que je devrai plutôt choisir la ville, mais je fantasme à mi-temps sur Malibu.

CL : La seule mauvaise chose qui peut arriver à Malibu, c'est d'aller à Etsy et de trop dépenser. 

LDR : Oh mon Dieu, femme... (rires) Parle-moi de ça, Etsy, sans sommeil, tard dans la nuit.

CL : Ok, donc, lyriquement, vous avez beaucoup de couleurs, surtout du rouge. Robes rouges, écarlate, vernis rouges... J'aurai certainement envie de les voler.

LDR : Tu devrais t'en occuper, car je pense abandonner le rouge.

CL : Eh bien, je le répète "salope".

DAZED : L'interview (la traduction)

LDR : Tu prendras le rouge, je ferai la salope. Je suis tellement chanceuse.

CL : J'adore cette nouvelle chanson Love.

LDR : Merci. Je l'aime, aussi. Je suis content que ce soit le premier single. Ce n'est pas très rétro, mais j'écoutais beaucoup Shangri-Las et je voulais revenir sur un son plus grand, plus up-tempo, plus "single". Ces 16 derniers mois, j'ai vécu des choses folles aux USA et à Londres lorsque j'y étais. Je voulais juste une chanson qui me rendrait plus positive lorsque je la chanterai. Et il y aura un album qui sortira au printemps, appelé Lust For Life. C'est quelque chose que je n'ai jamais fait encore, ce n'est pas un problème, il y a juste quelques collabs sur ce disque. En parlant de John Lennon, j'ai une chanson avec Sean Lennon. Tu le connais ?

CL : Oui, je l'aime bien.

LDR : Elle s'appelle Tomorrow Never Came (Demain N'arrivera Jamais, ndlr). Je ne sais pas si tu as déjà ressenti ça, mais quand je l'ai écrite, c'était comme si je ne l'écrivais pas pour moi. Je réfléchissais pour qui cette chanson était faite ou qui pouvait la faire avec moi, et j'ai pensé que c'était la bonne personne. Je ne savais pas si j'allais lui demander parce que j'ai une phrase qui dit "I wish we could go back to your country house and put on the radio and listen to our favourite song by Lennon and Yoko" (j'aimerais retourner dans ta maison de campagne et mettre la radio et écouter notre chanson préférée de Lennon et Yoko, ndlr). Je ne voulais pas qu'il pense que je lui demanderais à cause de ça. En fait, j'avais écouté ces disques ces dernières années et je trouvais que c'était son ambiance, alors je lui ai chanté et il a aimé. Il a écrit ses versets et a eu des notes plus approfondies, jusqu'au mixage. Et c'était la dernière chose que j'ai faite. Je n'ai pas mixé l'album, mais le fait que "Love" soit sortie et que Sean ait fini la chanson, il était vraiment dessiné. Parce que tout ce concept de l'amour et de la paix est dans ses veines et sa famille. Ensuite, j'ai aussi Abel, The Weeknd. Il est en fait sur la chanson Lust For Life. C'est étrange le fait qu'un featuring soit un titre d'album, mais nous devions faire un truc ensemble depuis longtemps. J'ai fait un truc sur nos deux derniers albums.

"Si la musique est vraiment dans ton sang et que tu ne veux pas faire autre chose, tu ne te soucies pas de l'argent, jusqu'à plus tard. Ca dépend aussi de l'ambiance" - Lana Del Rey

CL : As-tu un seul ou plusieurs producteurs ?

LDR : Rick Nowels. Il a fait quelque chose avec Stevie Nicks il y a quelque temps, il travaille vraiment bien avec les femmes. J'ai fait des derniers enregistrements avec lui. Même avec Ultraviolence que j'ai faite avec Dan (Auerbach), j'ai fait cet album au début avec Rick, puis je suis allé à Nashville et j'ai retravaillé le son avec Dan. Donc oui, Rick Nowels est incroyable et ces deux ingénieurs - avec tout ce que j'ai fait avec Rick, ils en ont fait beaucoup aussi. Tu aimerais ces deux gars, ils sont super-innovants. Je voulais un peu de touche "science-fiction" pour certaines choses, et ils avaient des idées vraiment cool. Mais oui, j'en ai plusieurs. Je pense, Max Martin -

CL : Attends, tu as écrit avec Max Martin ? Tu as été au complexe ?

LDR : Tu y es allée ?

CL : Non. J'ai toujours voulu travailler avec Max Martin.

LDR : Donc, fondamentalement, Lust For Life est la première chanson que j'ai écrite pour l'album, mais c'était un Rubik's Cube. Je pensais que c'était une grande chanson, mais... Elle ne semblait pas juste. Je ne recommence pas habituellement encore et encore et ré-édite beaucoup les choses, parce que les chansons sont ce qu'elles sont, mais c'est la seule chanson que j'ai recommencé. J'aimais vraiment la chanson. J'aimais le verset. John Jannick était comme "Pourquoi ne partons-nous pas seulement, et demandons-nous pas l'avis de Max Martin ?" Alors je suis allé en Suède et lui ai fait écouter la chanson. Il a dit qu'il sentait vraiment bien que la meilleure partie était le verset et qu'il voulût l'entendre plus d'une fois, alors je devais penser à refaire le refrain. Je suis donc retournée voir Rick Nowels le lendemain et je lui ai fait "travaillons le verset du refrain", et nous l'avons fait, ça semblait parfait. C'est là que j'ai pensé à la voix d'Abel sur le refrain, alors il est venu et a modifié un peu les paroles. Mais je trouvais que ça manquait un peu de touche à la Shangri-Las. Alors je l'ai reprise une quatrième fois et j'ai ajouté des harmonies. Maintenant, j'en suis contente. (Rires) Mais nous devrions faire aussi quelque chose ensemble. Aussi, bientôt.

CL : J'aimerai bien, ça serait incroyable.

Lust For Life sera disponible cet été.

DAZED : L'interview (la traduction)
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Traduction faite par le Webmaster, merci de créditer si vous prenez.

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pinup 28/04/2017 15:06

1000 mercis pour la traduction !!

le Webmaster 28/04/2017 18:53

Mais de rien ! C'est mon travail. :)